Ecrivez bien – selon vous – écrivez mal – selon vous – mais écrivez !
L’acte d’écrire oscille entre le flow créatif et le jugement paralysant. Alors que le premier permet une expression fluide et plaisante, le second génère des doutes sur la qualité du travail. Cette dualité influence la perception de l’auteur sur ses propres capacités et la valeur de ses écrits.
Pour surmonter l’autocensure, il est suggéré de solliciter des avis extérieurs. Cette démarche aide à comprendre que l’insatisfaction personnelle ne reflète pas nécessairement l’opinion des lecteurs. L’essentiel réside dans la pratique continue de l’écriture, en dépassant les blocages psychologiques liés à la quête de perfection.
C’est presque une injonction ;
Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime
Cette phrase presque sentencieuse m’a été répétée maintes fois lors d’une formation professionnelle, il y a quelques années. Elle portait sur des méthodes de rangement soporifiques ou des astuces d’organisation, comme le pliage de post-it pour les rendre plus attractifs.
Pour rappel, le Post-in Notes est, à l’origine, un papier que l’on collait sur un autre pour lui donner un destin. « A poster, « A trier », « A jeter » ou « A archiver » étaient des méthodes comparables à « on s’en fout », « à insulter en retour » ou autre « pauvre arbre qui n’avait rien demandé. Sauf qu’il est plus élégant, plus acceptable et, surtout, plus convenu dans notre société de tri ad-vomitum de coller un « A achiver » plutôt qu’un « A brûler ». Vous y avez pensé aux ourses polaires que vous priviez de ce mètre carré de banquise juste parce que vous aviez brulé la maquette imprimée on ne pas pour quoi ni par qui, du nouvel open space gris et méthodique dans sa cruauté et son humanité à revoir.
Il n’y a pas besoin d’aller voir le film « backrooms » pour situer l’enfer. Il se présente portes grandes ouvertes dans tous nos actes quotidiens. Que notre quête soit celle de la perfection, de la qualité ou simplement de se faire plaisir en agissant – quelle que soit l’action – nous ouvrons sans le vouloir deux portes.
La porte du plaisir
La porte du plaisir est celle par laquelle chacune et chacun passe quand il a le flow. C’est cet instant presque magique pendant lequel on a sans s’en apercevoir les doigts et le cerveau en connexion directe. A peine une pensée nous effleure-t-elle qu’elle se transforme en une belle – selon nous – phrase et que nous savons enchaîner avec sa petite sœur et ainsi de suite …
Reconnaissons-le, cet état de flow est plaisant. C’est le moment de la création, de la disponibilité du cerveau et ces instants durant lesquels on aurait envie d’écrire sur tous les sujets, politique, sociétal, satyre, humour … Bref, on se sent comme Conan le Barbare, imbattables et meilleurs que tout le monde.
La porte de l’enfer
Il arrive aussi, et c’est plus fréquent, des moments où rien ne fonctionne. Les mots s’accumulent dans le cerveau, mais la connexion entre la main et l’esprit semble coupée par notre pire ennemi. Le Jugement.
Ou, plutôt, devrais-je écrire « Les jugements » :
- Mon Idée de départ est elle bonne ?
- Est ce que mon style plaira ?
- Est ce que j’ai mis les pates à cuire ?
- Est ce que ce livre j’ai envie de le faire pour de vrai ?
- Qui suis je pour parler de tout ça ?
Et toutes ces idées noires qui nous traversent l’esprit quand, pour de multiples raisons (mauvaise nouvelle au courrier, mauvaise météo, mauvaise nuit …) tout est mauvais ou, du moins, tout nous semble mauvais.
Ce que l’un aime, l’autre déteste !
Gardez en tête, dans ces moments de « bad flow » comme vous vous sentiez bien quand le flow était présent. Comme vous aviez la sensation de légèreté et de facilité. Et comme vous ne pensiez pas à soumettre à un autre ce que vous aviez écrit. Simplement parce que, convaincu de sa qualité, vous ne remettiez pas en doute ce « bien écrire ». Pourquoi en serait-il en pèriode de « bad flow » ? Et si en fait votre cerveau n’était il qu’un lecteur de mauvais augure qui filtrait tout en négatif ?
Pourquoi, dans ces moments de down ne pas aller soumettre l’écriture caca pas belle à une ou un autre qui aura un autre regard et saura vous donner, en franchise – donc sans bienveillance ni malveilance – son opinion sur vos écrits. Alors vous aurez franchi le pas, vous aurez demandé l’avis de l’autre et opterez pour « ce que je déteste, d’autres adorent ». Peut-être – ou pas – cela changera-t-il totalement votre manière d’écrire. Cela inversera-t-il votre flow ?
Mais une chose est certaine, c’est l’idée directrice de ce blog … Ecrivez, encore et toujour !
