(Ré)apprendre à lire ?
La propagation de fausses informations sur les réseaux sociaux, illustrée par des parodies d’affiches officielles durant la canicule, suscite des réactions confuses parmi le public. De nombreux internautes peinent à distinguer l’humour ou la manipulation des communications gouvernementales authentiques, ce qui alimente une méfiance injustifiée envers les institutions.
Cette incapacité à décoder les messages numériques soulève des inquiétudes quant à la qualité du débat démocratique et des choix électoraux futurs. Face à la désinformation, une pédagogie renforcée est nécessaire pour aider les citoyens à exercer leur jugement critique et à fonder leurs opinions sur des faits vérifiables.
Bonjour à toutes, bonjour à tous,
Avec la forte chaleur actuelle qui règne sur le territoire français en ce moment, apparaissent sur les réseaux sociaux, notamment, un nombre de fausses informations, de fausses affiches ou de rumeurs qui sont toutes plus amusantes, en elles-même, les unes que les autres.
Parmi ces infox, nouveau mot utilisé pour qualifier les informations qui sont de l’intoxication, cette image, racoleuse et moqueuse à souhait :

Cette image, que je trouve très amusante, n’a pas trouvé, à mes yeux, de caractère officiel. Au mieux une tentative – réussie – de démontrer que parfois la communication s’apparente plus à du bruit qu’à autre chose, mais jamais je n’ai pu penser que cela constituait une information officielle.
Et, pourtant, les réactions au message qui a mis cette image en avant (le plus ancien retrouvé est https://www.facebook.com/groups/ensemblemulhouse/posts/3126169960902175/ publiée sur le réseau social Facebook et auquel 116 personnes, au moment où j’écris ce texte, ont réagi.
Il y a, évidemment et heureusement des réactions amusées de personnes qui ont décelé aisément la supercherie et qui le font savoir.
Il y a aussi, et c’est sans doute là l’élément le plus inquiétant, de vives réactions à l’encontre du ministère de la santé, appellation rapide du « Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées » (https://sante.gouv.fr/).


Ces réactions montrent que certains prennent pour argent comptant ce qui figure sur les réseaux sociaux (tout ce qui y figure ???) et se fondent une opinion sur la base de ces fausses informations.
La question qui suit est de savoir jusqu’où cette manipulation des esprits ira pour qu’ils gobent tout et n’importe quoi et commentent à qui peut le plus ce contenu absolument mensonger (il paraît même que cela ferait partie d’un livret dont, jusqu’à maintenant je n’ai jamais vu le commencement du début de l’esquisse d’une preuve) ? Si aujourd’hui on croit une vague capture d’écran comme celle-qui est présente plus haute, quelle lecture aura le citoyen commentateur des « professions de foi » que nous allons recevoir dans quelques mois à la veille des élections présidentielles ? Ira-t-il commenter sur Facebook ou ailleurs ce qu’il a lu ? L’aura-t-il même compris et se sera-t-il posé la question de l’adéquation entre la chose proposée (le programme) et les attentes qui sont les siennes (toutes légitimes, sans exception, je ne fais aucun rejet politique dans ce post) ?

C’est une vraie inquiétude sinon une peur car de ne pas savoir décoder ce qui est écrit, ce qui est vérité de ce qui est mensonge sans devoir faire appel à des outils tels que google images est une démarche de l’intellect – je n’ai pas parlé d’intelligence – qui consiste à choisir entre manger une pomme ou une poire. Mais pour une durée de cinq années, au cours desquelles des guerres, des grèves, des révolutions, des changements profonds de loi, des acquis ou encore la négation de possibles peut arriver. En un mot, voter pour un président, c’est faire un choix réfléchi, pesé et mesuré dans l’avenir que nous souhaitons donner à notre pays. Et ne pas savoir décoder ce qui relève de l’humour – bon ou mauvais – ou de la publication sérieuse est un élément important dans le « choix démocratique » qui nous est offert.
Je ne vois pas de solution « simple ». On ne va pas mettre les urnes en accès limité au Q.I. ou à la culture des votants, voter est un droit universel en France. On ne va peut pas non plus prendre les électeurs par la main et leur expliquer, à chacun, ce que chaque point proposé par tel ou tel candidat propose. On, c’est à dire la Société et la Nation, fait appel au bon sens, à la justesse et la capacité de jugement des électeurs pour choisir entre les candidats, comme ils le feraient avec le sèrieux ou le crédit qu’ils accordent à une publication facebook.
Quel pré-bilan tirer d’une telle expérience ? Qu’il va falloir aux médias et aux porte-voix faire œuvre de beaucoup de pédagogie. Que les discussions vont être animées et nombreuses. Et que les jeux sont loin, très loin d’être faits.
A chacune et à chacun qui s’en sent la fibre – personne n’est forcé à rien – et qui pense avoir mieux compris que la moyenne la démarche de tel ou tel candidat d’aller expliquer cette démarche et de proposer, en séance des « Like » et des « Commentaires ».
Certainement pas à une machine aux mains d’on ne sait qui !
