Micro Learning et Lecture

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Les livres pratiques sont souvent optimisés pour les moteurs de recherche, nuisant à l’expérience de lecture humaine. En réponse, le micro-apprentissage propose des résumés concis via des applications dédiées. Ces outils permettent d’accéder à l’essentiel d’un sujet en vingt minutes, favorisant une consommation très rapide de l’information.

Cette approche soulève des interrogations sur la fiabilité des contenus et la perte de nuances. Si ces formats facilitent l’accès immédiat au savoir, ils ne remplacent pas la lecture approfondie nécessaire à l’expertise. Ces versions condensées privilégient l’efficacité au détriment de la précision détaillée des ouvrages originaux.

Bonjour,

Si tout est intéressant à lire, certains livres, notamment ceux qui proposent du contenu pratique et applicable à court terme, a tendance à être hyperoptimisé pour les moteurs de recherche.

Cela s’explique par le fait que les auteurs de ces e-books ou livres électroniques sont très faiblement rémunérés à la vente de chaque ouvrage. Ils doivent donc rendre leurs livres, le plus souvent des fichiers au format Acrobat Reader « pdf« , format que sait lire sans trop de difficulté le leader des moteurs de recherche, Google

Et ce moteur de recherche trouve de quoi se mettre sous la dent dans le contenu de ces livres électroniques. Les mots utilisés par leurs auteurs sont optimisés et choisis pour correspondre avec ce qu’aime le moteur de recherche et, fréquemment, les paragraphes sont très courts et peu destinés à la lecture par des êtres humains.

Au final, de petits pavés d’une centaine de pages dont le contenu utile représente environ une moitié du contenu, le reliquat étant « pollué » par cette sur-optimisation.

Heureusement (pour les humains) et malheureusement pour les auteurs, de petits malins ont inventé le micro Learning, ou micro apprentissage. Le principe est de prendre la substantifique moelle du livre, son contenu utile, en réécrivant pour des humains – et seulement pour des humains – les ouvrages.

Ils se retrouvent donc réduits à portion congrue, pour les ordinateurs du moins et gagnent en facilité de lecture, pour les humains.

En ce qui me concerne, c’est l’application Headway qui a retenu mon scrutin. Elle promet – et tient à peu de choses près la promesse – de rendre tous ces livres électroniques (enfin, beaucoup de ces livres électroniques) lisibles en … 20 minutes.

C’est peu, c’est très peu. Mais c’est, croyez-moi, suffisant pour aborder la quintessence d’un sujet (et d’un seul, il ne faut pas exagérer) et tirer de ce micro apprentissage ce qui est absolument nécessaire. Qu’il s’agisse de gérer son anxiété ou encore de perdre du poids, chaque ouvrage propose au lecteur de se concentrer sur le sujet couvert par celui-ci.

Headway fonctionne sur le principe de l’abonnement à une bibliothèque de plusieurs centaines de livres auxquels le lecteur a accès, autant qu’il le souhaite, contre quelques dollars, bien-sûr.

Peut-on encore parler de lecture ?

En effet, la question peut se poser. Se concentrer sur un seul et unique sujet constitue-t-il encore de la lecture ? Dans le principe mécanique, oui. On reste à prendre un livre, à prendre connaissance de ses chapitres et on en tire un apprentissage, une compétence ou un plaisir.

Mais … Que penser de l’intermédiaire de réécriture qui a enlevé l’excédent ? Quel degré de confiance peut on lui faire confiance, à l’heure des intelligences dites artificielles, quand au fait qu’il n’a pas remplacé une enseigne par une autre, un auteur par un autre ou encore une citation par une autre ?

Rien ne garantit la non transformation de l’information

Oh que cela fait peur. Oh que les rats de bibliothéques craignent ils qu’on ne vienne leur manipuler le cerveau.

Et ils ont raison, car c’est déjà le cas. Facebook, Instagram, Tik Tok et autres X nous enferment, par l’entremise de leurs algorithmes, dans des bulles d’information dont nous ne savons pas nous échapper. Au fur et à mesure que nous cliquons sur des posts, que nous restons plus longtemps sur une vidéo que sur une autre ou que nous cherchons un terme au lieu de son synonyme, nous livrons aux algorithmes un petit morceau de notre liberté de lecteur, au sens large.

Car alors les résultats, les vidéos ou les nouvelles qui nous sont données à ingurgiter sont les fruits mûrs de ce que nous donnons aux « grands acteurs » de l’internet depuis des années, via ce qu’on a appelé le « big data » avant de s’apercevoir que ce terme faisait peur et résonnait « big browser ».

Rien de nouveau en fait

Quel étudiant un peu plus feignant que la moyenne ne s’est pas contenté de la fiche de lecture d’un classique de la littérature pour rendre son devoir ?

La différence, dont on appréciera la portée individuellement, est inhérente à la puissance de calcul, et au temps de réaction, de ces micro leaunings et de leurs apports. Là où il fallait attendre des mois pour le condensé commenté d’un livre il y a quelques années, c’est aujourd’hui en quelque jours – parfois quelques heures – que la version micro apprentissage est disponible. Elle est passée entre les neurones d’une main d’oeuvre mal payée (qui en aurait sincèrement douté) qui a livré au plus vite, façon Uber eat, le résultat de son analyse. Nulle surprise donc à ce que ces versions allégées des livres comportent erreurs et approximations, c’est leur ADN même que de se concentrer sur l’essentiel et de laisser les détails à celles et ceux qui veulent creuser un détail ou devenir experts d’un domaine donné.

Pour elles et eux, les versions in-extenso des ouvrages demeurent disponibles et lisibles, ils et elles disposent de la liberté absolue de lire la version qu’ils souhaitent d’un bouquin.

Ils en ont eu pour leur argent. Un savoir résumé, fastfood et qui ne se suffit pas pour devenir « expert » d’un domaine. Et l’expertise, quel que soit le sujet, ne s’acquiert pas en quelques heures, on parle en années !

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